Travail sur la question sociale
par Philippe Ambourg, Antoine Gainot, Laurent Henninger, Philippe Murer, Franck Zeiger

La question sociale n’est pas une question parmi d’autres. Elle est la question centrale, celle qui engage tout : le travail, le logement, la dignité, la transmission, la protection des faibles. Elle est, en vérité, inséparable de la nation elle-même.
Depuis plusieurs décennies, la France tente de préserver son modèle social tout en acceptant la désindustrialisation. Cette contradiction est au cœur de la crise actuelle.
La vérité est simple : on ne peut pas maintenir durablement un système de solidarité sans produire la richesse qui le finance. La Sécurité sociale française, issue du programme du Conseil national de la Résistance, n’a jamais été pensée comme un système assistanciel, mais comme un système contributif, reposant sur le travail. Or, la destruction de l’industrie a progressivement sapé cette base car l’industrie assure des salaires donc des contributions sociales élevés et entraîne toute l’économie.
–> Il faut donc reconstruire un modèle cohérent, fondé sur un triptyque indissociable :
la souveraineté nationale permet la production en France qui permet la protection sociale.
Produire pour protéger
La France ne sortira pas de la crise sociale par davantage de redistribution financée par la dette. Elle doit retrouver une vérité fondamentale : on ne distribue durablement que ce que l’on produit.
La reconquête industrielle n’est pas seulement un enjeu économique.
àC’est la condition de survie du modèle social français.
À cause de l’UE, la France souffre aujourd’hui d’un désordre profond : elle est à la fois mauvaisement libérale et mauvaisement sociale.
Mauvaisement libérale, parce que les règles actuelles permettent aux grands groupes mondialisés et aux acteurs étrangers seulement d’échapper largement à l’effort collectif. Par l’optimisation fiscale, la mise en concurrence des territoires et la libre circulation des capitaux, ceux qui profitent le plus du système contribuent le moins à la solidarité nationale. Libéralisme qui ne profite pas à la production nationale et créer la délocalisation.
Mauvaisement sociale, parce que ce sont désormais les travailleurs, les artisans, les petites entreprises et les classes moyennes qui portent l’essentiel du financement du modèle social. Ils financent notamment le chômage de masse, alors même que celui-ci est en grande partie le produit direct de ce libéralisme déséquilibré : délocalisations, désindustrialisation, concurrence déloyale.
Ainsi s’est installé un système profondément injuste : les gagnants ne paient pas, les perdants financent.
Un bon libéralisme devrait permettre aux PME et TPE de se développer sans crouler sous les cotisations et impôts. Un bon aspect social devrait faire contribuer les grands groupes à l’effort social, et ne devrait pas faire payer les travailleurs et les artisans pour un traitement social du chômage qui n’existe que par la faute d’un libéralisme effréné.
On peut être plus libéral, au bon endroit, et plus social, au bon endroit.
Nous devons prendre en compte le fait que la lutte des classes existe dans toute société humaine. Il ne s’agit pas d’y céder, mais d’accepter son existence ; car il est d’ailleurs bénéfique qu’il y ait du conflit dans une société. Cela énergise un peuple, et crée du débat et de la réflexion. La lutte des classes est un fait, qu’il faut dépasser. La tâche politique n’est pas d’exacerber les conflits, mais de les résoudre dans la nation. Non pas opposer le capital et le travail, mais les associer, les réconcilier, les ordonner au bien commun.
Sans garde-fous, le capitalisme est capable de tout détruire, y compris lui-même, et c’est précisément ce qu’il est en train de faire depuis quelques décennies. Pour faire du social, il faut un capitalisme régulé, encadré : orienter le capitalisme vers le développement, réhabiliter le temps long, construire un Etat-stratège et organiser la planification.
Conclusion :
Aujourd’hui, les Français ont le sentiment légitime que les efforts ne paient plus, que l’ascenseur social ne marche plus, que le modèle social français s’effondre.
Les Français sont généreux sur la question sociale mais leur générosité a été détournée, surexploitée et rendue parfois hors sol. Exemple : donner aux étrangers qui viennent en France le RSA ou le minimum vieillesse sans avoir travaillé, offrir les études à 400.000 étudiants étrangers (10.000 euros par étudiant par an), laisser se développer des fraudes sociales graves (50 milliards d’euros selon Charles Pratts), le traitement social d’un chômage de 6 millions de personnes rendu permanent par un système économique inique coûte des dizaines de milliards d’euros. A force d’abus, il y a des signes de craquement dans la volonté de solidarité ( « Nicolas qui paie » ).
Depuis plusieurs décennies, la France tente de préserver son modèle social tout en acceptant la désindustrialisation. Cette contradiction est au cœur de la crise actuelle.
La France ne sortira pas de la crise sociale par davantage de redistribution financée par la dette. Elle doit retrouver une vérité fondamentale : on ne distribue durablement que ce que l’on produit. La reconquête industrielle n’est pas seulement un enjeu économique, c’est la condition de survie du modèle social français (l’industrie permet de bons salaires, de bonnes cotisations sociales et entraîne toute l’économie).
Produire pour protéger : la souveraineté nationale permet la production en France qui permet la protection sociale.
Nous protégerons et développerons la production en France par l’affichage systématique du fabriqué en France (ou du fabriqué en Chine…), par un protectionnisme intelligent, une monnaie moins chère, l’utilisation de l’Etat stratège et de la planification pour développer de nouvelles filières industrielles. Ceci nécessite la sortie de l’Union Européenne.
Nous devons aussi tout faire pour remettre en place un modèle économique de plein emploi donc d’emplois bien payés parce qu’il n’y a rien de plus social que de pouvoir bien vivre de son travail.
Nous défendons la valeur travail, d’un travail correctement payé. Nous voulons préserver un modèle social responsable.
Concrètement, oui à des retraites et à une assurance maladie protectrices mais en éliminant les fraudes et les abus. Oui à des services publics de bon niveau et à de bons prix (électricité, train, courrier…).
par Philippe Ambourg, Antoine Gainot, Laurent Henninger, Philippe Murer, Franck Zeiger
par Pierre d’Herbais
Avec Philippe Murer, François Martin, Serge Federbush…
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